Environnement et société: les TI sont des agents de changement

Jean-François Ferland -04/11/2009

Les solutions logicielles de Boréalis, de Magog, visent à atténuer les impacts environnementaux et sociaux des projets d'exploitation de ressources naturelles. Selon son cofondateur Patrick Grégoire, l'ère de changement qui vise la coopération des entreprises et des communautés ne fait que commencer.

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G. à d.: Patrick Grégoire et Jules Paquette, les cofondateurs de Boréalis
Boréalis, de Magog, a récolté récemment des prix qui soulignaient le caractère entrepreneurial de ses jeunes cofondateurs (Prix de la Banque de développement du Canada, finaliste au Grand prix de l'entrepreneur Ernst & Young), mais aussi la responsabilité sociale de l'entreprise (Prix Deloitte). Quelques jours plus tard, Boréalis obtenait un investissement de 100 000 $ du Ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation pour soutenir le développement d'une solution logicielle.

L'entreprise, qui compte près de 40 employés a été fondée en 2004 par Jules Paquette et Patrick Grégoire. Dès 1998, ils ont collaboré à des projets commerciaux fondés sur la géomatique d'affaires pour des clients des industries minières, pétrolières, gazières et autres. Or l'emphase commerciale de leur entreprise vise la performance environnementale et la responsabilité sociale. En clair, leurs solutions logicielles modulaires visent à réduire les impacts sur la nature et sur les populations des projets commerciaux de leurs clients.

Au niveau environnemental, les solutions ont trait à la gestion de l'empreinte environnementale et au suivi des émissions de gaz à effet de serre, à la gestion opérationnelle et au suivi de la conformité ainsi qu'à l'évaluation de cycles de vie. Au niveau social, les solutions servent à l'exploration et à la gestion du territoire, mais aussi à la gestion des relations communautaires, au développement communautaire ainsi qu'à la compensation et la réinstallation de populations.

Réglementations et pressions

Patrick Grégoire, qui est vice-président chez Boréalis, confirme que l'intérêt porté envers l'environnement et la responsabilité sociale par les entreprises est en croissance. Alors que maints d'efforts législatifs ont été réalisés au cours des dernières années en matière d'environnement, les aspects sociaux, depuis cinq ans, font l'objet d'un nombre accru d'initiatives.

M. Grégoire fait état de pressions de bailleurs de fonds qui sont signataires des Principes de l'équateur, soit un ensemble de normes de l'industrie mondiale du financement des projets qui traite des enjeux environnementaux et sociaux; des normes de la Société financière internationale de la Banque mondiale et de lois établies par les gouvernements. Il donne l'exemple du projet de loi C-300, qui permettrait au gouvernement canadien d'enquêter sur des plaintes liées à l'environnement et aux droits de la personne à l'égard d'entreprises canadiennes qui réalisent des projets dans des pays en développement. M. Grégoire évoque également un concept nommé Social licence to operate, où les croyances et les perceptions des communautés touchées jouent un rôle important dans la réussite d'un projet commercial.

« En travaillant dans un pays en développement où il y a des impacts sur une communauté, si on n'implique pas cette communauté dans le processus de façon collaborative et transparente, l'organisation est sujette à des critiques de la part de la population, des médias, des ONG... On peut en arriver à un point où les communautés se rebellent face à un projet, à des manifestations, à des grèves générales, à des arrêts des opérations qui peuvent mener à l'arrêt du projet et la perte de l'investissement », constate M. Grégoire.


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