Commerce électronique : le Québec saura-t-il rattraper son retard ?


    André Ouellet - 22/03/2011

    D’aucuns considèrent que d’importants efforts doivent être consacrés pour mettre le Québec à l’heure du commerce électronique.

    Mobilisation des entreprises

    « Certains grands détaillants québécois sont absents du tableau, nuisant à la progression des achats en ligne, explique Bernard Robitaille, président de Nurun Québec. Il y a des entreprises qui craignent encore de prendre le virage du commerce électronique », dit-il.

    La timidité de nos organisations joue en faveur des sites étrangers, précise Mme Kooli. En 2009, un minimum d’un tiers des achats en ligne faits au Québec a été réalisé sur de tels sites. Des conséquences néfastes peuvent en résulter, en termes d’emploi notamment. En 2009, déjà, le Journal Les Affaires mettait en garde contre les coupures de personnel que cette situation risque d’entraîner chez les détaillants canadiens qui perdent des ventes au profit des sites étrangers. Parallèlement, la faiblesse des activités en ligne signifie que moins de contrats sont donnés aux firmes québécoises de TI.

    « On a lancé à plusieurs reprises un signal d’alarme aux entreprises en leur disant de commencer à aller vers le transactionnel, dit Najoua Kooli. Aujourd’hui, cependant, il faut plus que ça ; il faut aussi commencer à se servir des réseaux sociaux. »

    Freins au commerce électronique

    Selon Mme Kooli, on retrouve très peu de fonctionnalités d’affaires sur les sites québécois en général, de sorte qu’il y a un important travail d’intégration à réaliser. « La bonne nouvelle c’est que les solutions actuellement offertes dans le marché permettent d’effectuer une mise en œuvre rapide du commerce électronique », indique Bernard Robitaille. Il devient alors possible d’éliminer les grands chantiers. Aussi souhaite-t-il que nous tirions profit de la facilité à tester les capacités du Web que nous procurent ces solutions conviviales.

    Autre facteur à considérer, la sécurité ralentit les ardeurs de plusieurs entreprises. Les études du CEFRIO révèlent que la proportion de Québécois estimant qu’il n’est pas avisé de donner son numéro de carte de crédit en ligne se maintient à 49 % depuis quatre ans. « Les gens ignorent souvent que les fraudes ne surviennent pas nécessairement parce que l’on a donné son numéro de carte sur un site transactionnel, mais parce qu’il a été volé dans les systèmes d’une entreprise », souligne Mme Kooli. Le risque existera toujours, et il faut informer davantage. À ce sujet, il est nécessaire de déployer des efforts considérables en matière de sensibilisation, croit-elle.

    Évolution du commerce électronique grand public au Québec, 2007 – 2010

    Source: Indice du commerce électronique, CEFRIO

    Les produits 
les plus vendus en ligne

    Chez nous, spectacles et divertissement ont la cote, se classant systématiquement premiers, deuxièmes ou troisièmes dans les statistiques de vente en ligne du 
CEFRIO. La saisonnalité est très forte car, durant les mois d’hiver et en août, les voyages arrivent en tête de liste. D’autre part, la musique, les films et les appareils électroniques se retrouvent eux aussi dans les première positions, et ce, toute l’année durant.

    En 2009 et 2010, les produits pour la maison (articles de décoration et autres) ont fait une percée, bien que la vente de ces articles demeure bien inférieure à celle des produits de tête.

    Au CEFRIO, on s’attend à ce que les livres, les articles d’épicerie et les produits financiers connaissent un regain d’intérêt au cours des prochains mois. Enfin, les ventes de vêtements, de chaussures et d’accessoires ont décliné l’année dernière.

    À l’échelle mondiale, par ailleurs, on prévoit notamment une augmentation des ventes de matériel informatique et de logiciels, des articles ménagers, des fournitures pour les animaux de compagnie et des pièces pour automobiles.