Centres de données et énergie propre : Greenpeace publie ses estimations pour 2012


Jean-François Ferland - 18/04/2012

L’organisme environnemental Greenpeace publie un indice pour la consommation énergétique des principaux centres de données en infonuagique de la planète. Certains exploitants sont pointés du doigt pour leur consommation «d’énergie sale».

L’organisme environnemental Greenpeace, dans l’édition 2012 d’un rapport qui est consacré aux pratiques des principaux exploitants de centres de données en matière de consommation énergétique, attribue des indices dans un « indice de l’énergie propre » à quatorze fournisseurs de services d’infonuagique.

Cet indice de la consommation d’énergie dite « propre » – soit de l’électricité qui est obtenue à partir de ressources renouvelables – est établi à l’aide d’estimations de la demande en énergie pour les sites des fournisseurs qui servent à l’exploitation de centres de données. Un indice de l’énergie propre élevé équivaut à une bonne note. Chaque indice est accompagné d’indices liés à la consommation de charbon et d’énergie nucléaire, où un indice faible équivaut à une bonne note.

Selon l’édition 2012 de l’indice, Greenpeace attribue la meilleure note à Yahoo, avec un indice de 56,4 % pour l’énergie propre, un indice de 20,3 % pour le charbon et un indice 14,6 % pour le nucléaire). D’autres bonnes notes ont été attribuées à Dell (56,3 % pour l’énergie propre, 20,1 % pour le charbon, 6,4 % pour le nucléaire) et à Google (39,4 % pour l’énergie propre, 28,7 % pour le charbon, 15,3 % pour le nucléaire.)

À l’opposé la plus faible note du rapport de Greenpeace a été attribuée à Salesforce.com soit un indice d’énergie propre 4 %. L’organisme environnemental attribue à l’exploitant de centres de données un indice de 33,9 % pour la consommation de charbon et un indice de 31 % pour la consommation d’énergie nucléaire.

Les deux autres fournisseurs qui ont obtenu les indices les moins élevés du rapport de Greenpeace sont Oracle (7,1 % pour l’énergie propre, 48,7 % pour le charbon, 17,2 % pour le nucléaire) et IBM (12,1 % pour l’énergie propre, 49,5 % pour le charbon, 11,5 % pour le nucléaire).

En fonction de l’indice d’énergie propre, l’ordre croissant des autres exploitants de centres de données de l’édition 2012 du rapport de Greenpeace sont Amazon (13,5 %), Microsoft (13,9 %), Apple (15,3 %), HP (19,4 %), Twitter (21,3 %), Rackspace (23,6 %) et Facebook (36,4 %).

Greenpeace indique qu’une seule entreprise, Akamai, a fourni un indice d’efficience de l’utilisation du carbone (Carbon Usage Efficiency, ou CUE en anglais). Cet indice correspond à la division de la totalité des émissions de dioxyde de carbone (CO2) qui sont liées à l’énergie consommée par le centre de données par les émissions de CO2 qui sont liées à l’exploitation de l’équipement informatique. Les données utilisées pour cet indice sont calculées en kilogrammes de CO2 par kilowattheure.

Akamai affirme que l’indice moyen d’efficience de l’utilisation du carbone pour ses centres de données est de 0,826, avec comme données extrêmes les indices pour les centres de données de l’Europe (0,679) et de l’Afrique (1,963).

Pour Akamai Greenpeace n’a pas établi de données dans l’index de l’énergie propre et a attribué la cote « A » en matière de transparence corporative liée à l’énergie.

Greenpeace a publié en ligne un tableau qui contient des estimations pour chacun des centres de données des entreprises visées par son étude pour l’année 2012.

Autres facteurs

Dans le tableau synthèse de son rapport, Greenpeace attribue des cotes à l’aide de lettres à chacun des exploitants de centres de données pour quatre facteurs. En matière de transparence en matière de partage d’information liée à la consommation de l’énergie, Akamai a obtenu un A alors qu’ Amazon et Twitter ont obtenu un F. Pour la localisation géographique des infrastructures, Facebook a obtenu un B alors que Amazon et Apple ont obtenu un F.

Pour l’efficience énergétique et les efforts de réduction de l’émission des gaz à effet de serre,
Akamai, Facebook, Google, HP et Yahoo ont obtenu un B alors que Twitter a obtenu un F. Pour les investissements au niveau de l’énergie renouvelable et pour la réalisation d’efforts de représentation favorables à cette forme d’énergie, Google a obtenu un A et Amazon a obtenu un F.

Pour ces quatre facteurs, Google, Yahoo et Facebook ont obtenu les meilleures cotes alors que Amazon, Twitter et Apple ont obtenu les pires cotes.

Dans le sommaire de son rapport, Greenpeace affirme que Amazon, Apple et Microsoft procèdent à une expansion de leurs centres de données sans accorder assez d’attention à l’utilisation d’énergie renouvelable. L’organisme ajoute que ces entreprises ont grandement recours à « de l’énergie sale » pour alimenter leurs infrastructures d’infonuagique.

Greenpeace ajoute que Google et Yahoo sont des meneurs en matière d’utilisation de l’énergie renouvelable pour leurs nouveaux centres de données. L’organisme souligne aussi que Facebook
a récemment pris l’engagement d’alimenter ses centres de données à l’aide d’énergie renouvelable.

Par ailleurs, dans les notes liées au tableau qui est consacré à son indice de l’énergie propre, Greenpeace affirme qu’Apple et Amazon Web Sevices ont reçu les estimations en consommation d’énergie qui ont été établies pour leurs centres de données, mais l’organisme
environnemental indique que ces entreprises ont indiqué que les informations étaient erronées sans pour autant fournir des données officielles.

Les médias qui ont fait état du rapport ont été nombreux à inclure les noms d’Apple et d’Amazon dans les titres des articles qu’ils ont publié en ligne. Les noms de Microsoft et de Twitter ont été également évoqué dans des titres d’articles, dans une moindre mesure.

Au moment de mettre en ligne seule Apple avait réagi au rapport de Greenpeace, par le biais des médias.

À lire : Centres de données et énergie propre : Apple réagit au rapport de Greenpeace, qui réplique à Apple

Pour consulter l’édition numérique du magazine de février-mars 2012 de Direction informatique, cliquez ici

Jean-François Ferland est rédacteur en chef adjoint au magazine Direction informatique.




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À propos de Jean-François Ferland

Jean-François Ferland a occupé les fonctions de journaliste, d'adjoint au rédacteur en chef et de rédacteur en chef au magazine Direction informatique.
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