Quel sera le lot d'Office 2010 ?

Nelson Dumais -25/11/2009

Microsoft mettra en marché dans quelques mois la prochaine mouture de la suite de bureautique. Réflexion, au terme d'un entretien avec un porte-parole de l'éditeur, sur l'adoption, la concurrence et la commercialisation de ce populaire produit.

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Jason Brommet, porte-parole marketing de Microsoft Canada.
Attention! Je ne suis pas en train de suinter du fiel ou de pisser du vinaigre. Loin de moi cette idée. Pour l'avoir essayé à quelques reprises depuis l'été, je sais qu'Office 2010 est un beau produit, un coffret qui porte l'expérience de 2007 encore plus loin. Je ne parle pas ici du fameux ruban de menus et d'onglets contextuels qui a été ajouté à tous les logiciels d'Office 2010, mais de nouveautés inédites.
 
C'est le cas par exemple du Social Connector dont bénéficie Outlook 2010. Le phénomène du réseautage social est maintenant reconnu et utilisé non seulement par Outlook, mais aussi par SharePoint 2010. Le SDK ayant été distribué, les développeurs sont à l'œuvre et certains, p. ex. LinkedIn, sont déjà prêts, de soutenir Jason Brommet. C'est aussi le cas du bouton « Fichier », un menu (en haut, à l'extrême gauche) où tout ce qui peut être utile sur le plan logistique s'y retrouve: partage, impression, permissions, informations, gestion des documents, accès aux gabarits, mise en page, etc. Et que dire de la belle intégration avec Office Live qui pousse encore plus loin l'expérience de collaboration, de la mobilité et du Web?
 
Bien beau. Mais comment vendre toutes ces merveilles à des entreprises qui viennent à peine d'investir « muchos dólares » en raison de leur passage d'Office 2002 ou 2003 à 2007? Quand Microsoft est apparue en 2006 avec les versions préliminaires d'Office 2007, elle leur parlait de gains de productivité majeurs, d'économie substantielle et d'une meilleure intégration de leurs données corpo. Pourquoi ces clients devraient-ils, maintenant, passer à 2010? 

« Notamment en raison des économies qu'ils pourront réaliser dans les coûts de déplacement, d'impression et de largeur de bande », me répond M. Brommet. Reste que les boîtes qui viennent d'adopter 2007, nuance l'homme de Microsoft Canada, ne passeront probablement pas immédiatement à 2010. « Ce seront surtout celles qui sont présentement sous 2003 (ou moins) qui le feront ».
 
Bien beau. Il faudrait quand même savoir ce qui explique un tel engouement envers un produit. 80 % du marché mondial, c'est quelque chose! Est-ce là le seul fait de la force marketing et de la puissance financière de Microsoft, assistée par la vivacité de ses créneaux de distribution et de vente? Sans nier l'impact de ces moteurs, je pense qu'il faut regarder plus loin. Il faut reconnaître que ces produits offrent une qualité tout à fait acceptable.
 
Word, Excel, PowerPoint et Outlook ne sont pas devenus des standards dans leur catégorie - idem pour SharePoint - par simple « boulechite » marketing ou par des gestes tonitruants de Steve Ballmer, le coloré PDG de Microsoft. À l'époque, les Lotus SmartSuite et autres WorfPerfect Office ont forcé Microsoft Office à offrir un certain niveau de qualité. Si aujourd'hui la concurrence est moindre, certaines alternatives Mac ou open source ont le grand coffret impérial à l'oeil et ne lui feront pas de cadeau.
 
Bref, on se retrouve avec un produit de qualité, poussé par une « hénaurme  » machine ayant à son actif quelques chapitres de l'histoire mondiale du marketing, cela dans un contexte où la concurrence est, pratiquement, inoffensive. Voilà qui explique, à mon avis, qu'Office 2010 va se vendre comme des petits pains chauds.
 
Cela a-t-il de quoi surprendre ?

Nelson Dumais est journaliste indépendant, spécialisé en technologies de l'information depuis plus de 20 ans.


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