Le déferlement des dotcom 2.0
Nelson Dumais -05/11/2009À voir les nouvelles offres de services Web surfant sur une vague 2.0 qui apparaissent jour après jour, on se demande si on n'est pas en train de revivre une époque pas si lointaine.
D'autres, prenez le cas de Houlden, veulent nous aider dans nos relations d'affaires. On nous y donne six logiciels amusants, incluant un tableau noir sur lequel in peut dessiner. En revanche, on nous offre de les personnaliser pour en faire des outils de soutien marketing. Pour ces gens, les petits applicatifs Web sont en train de remplacer les casquettes de baseball et les t-shirts. Dieu du ciel! Où s'en va-t-on? Vais-je devoir commencer à m'acheter des t-shirts pour travailler autour de la maison?
Il existe même des sites qui recensent ces services. Si certains le font sur une base de plate-forme, par exemple le « showcase » de Silverlight ou le « marketplace » d'Adobe AIR d'autres, par exemple Makeuseof, Go2web2 ou WebApps, y vont plus à tire-larigot.
Et on n'aurait rien vu. On nous annonce qu'avec des technos émergentes comme OAuth (pour autoriser l'accès), OpenID (pour le login) ou HTML 5, ces services Web vont devenir non seulement plus nombreux, mais de plus en plus autonomes par rapport aux systèmes d'exploitation et de plus en plus robustes ainsi qu'agréables à utiliser. Cela évoluera à un point où n'importe qui, sans talent et sans rien à dire, pourra, d'un clic ou deux, se créer un site Web 2.0 d'allure parfaitement professionnelle avec tout le tremblement complémentaire et tous les boulets de conformité sociale afférents.
Les données qu'on pompera alors vers le nuage circuleront davantage entre différents services Web complémentaires comme c'est un peu le cas, présentement avec Twitter Feed. En même temps, lesdites données seront stockées « quelque part » dans une vaste infrastructure de serveurs obéissant à des protocoles ou standards communs; le temps des solutions propriétaires tirerait à sa fin. Avis aux paranos qui craignent de tout perdre dans le grand méga-souk!
Mettons que je sois devenu trop cynique, que je sois un peu parano, que dans la vraie vie, ces développeurs de la wébitude 2.0 n'ont pas de plan maléfique. Mettons qu'ils foncent tête baissée vers le bonheur de pouvoir offrir le plus beau produit flyé, celui qui attirera l'attention de la presse spécialisée et qui vaudra à ses artisans cinq étoiles. Auquel cas, ma question demeure inchangée : comment pourront-ils faire des sous, prospérer et se constituer une base suffisante de fidèles?
Il y a dix ans, j'écrivais des trucs de la même farine. Je rapportais régulièrement des propos « visionnaires » explicitant, en synthèse, que les boîtes qui ne seraient pas « dotcomisés » à court terme ne pourraient se maintenir en affaires. Leur survie – attention à la féroce et sanguinaire concurrence – dépendrait de la vitesse avec laquelle elles se nantiraient d'un site transactionnel basé sur la panoplie la plus dotcom au monde. Ainsi, elles prospéreraient, auraient de nombreux enfants et vivraient longtemps longtemps dans la félicité et la sérénité. On connaît la suite.
Nelson Dumais est journaliste indépendant, spécialisé en technologies de l'information depuis plus de 20 ans.
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