2009-2010, l'année d'Ubuntu?
Nelson Dumais -29/10/2009Canonical lance la version 9.10 d'Ubuntu, connu sous le nom de « Karmik Koala ». Est-ce cette année qu'Ubuntu deviendra l'alternative sérieuse?
Moi? Il est évident que je vais mettre à jour mes installations GNU/Linux sous Ubuntu 9.04 (« Jaunty Jackalope »). Je vais simplement y taper Alt-F2 et écrire « update-manager –d » dans la petite fenêtre qui apparaîtra. Dès lors, la magie du Net jouera et, dépendamment de l'état de la sollicitation dans les serveurs de Canonical, la fabricante sud-africaine d'Ubuntu, le Koala karmique pourra se mettra en place proprement en moins d'une heure.
Serai-je plus heureux? Non, je serai plutôt branché sur les valeurs du jour, comme je le fus, récemment, en passant de Vista Intégrale 64 bits à l'équivalent sous Win 7 et de la version 10.5 du Mac OS X à la 10.6, Snow Leopard. Voyez-vous, dans mon métier de chroniqueur et de testeur de produits informatiques voulant plaire à son lectorat, il me faut désormais entretenir la saveur « dominante » de l'univers Linux en plus de Windows et du Mac OS X. Donc, les temps ont changé!
Ce faisant, je fais bien entendu le jeu marketing de la fabricante, cela au grand dam de certaines écuries GNU/Linux dont Fedora et OpenSUSE, deux très beaux produits où la grogne de leurs adeptes est perceptible. On y reproche à Canonical de tout ramasser et de ne rien redonner. On l'accuse de ne pas contribuer à l'amélioration du noyau Linux et de se taper les bretelles avec des fonctions développées par d'autres. C'est le cas par exemple de Compiz, un ensemble d'effets visuels que l'on retrouve un peu partout dans le savorama Linux.
Comme il se doit, Mark Shuttleworth, le PDG de Canonical, n'en a rien à cirer. Pour ce milliardaire qui continue d'éponger de sa poche les déficits annuels d'exploitation, l'objectif est « de faire en sorte qu'Ubuntu devienne l'alternative par défaut à Windows. » Rien de moins! Si cette volonté (vers l'équilibre, voire la profitabilité) fait peu de cas d'Apple dont l'écosystème est très riche et varié, elle témoigne du fait que le PDG a la dent bien creuse et que rien ne le fera reculer.
S'il agit ainsi, je suppose que l'avance de son produit dans les parts de marché est encourageante. Sinon, en homme sensé, il laisserait tomber ou, à tout le moins, changerait son fusil d'épaule. Alors qu'en est-il du nombre réel de sites Ubuntu que l'on peut comptabiliser? Nul ne le sait à l'exception, possiblement, des dirigeants de Canonical. Et encore! D'où mon qualificatif « soi-disant » qui précède « huit millions d'utilisateurs » dans mon paragraphe d'introduction. À cela, plusieurs raisons que nous expliquele site LinuxInsider.
Essentiellement, la nature même de GNU/Linux, c'est-à-dire le fait qu'il soit libre et gratuit le rend impossible à comptabiliser. Prenez mon cas personnel. Je ne suis qu'un « site », mais je dispose de quatre instances d'Ubuntu : une toute seule dans un PC, une sous Virtual Box dans un Mac, une sous VMware dans une machine Win 7 et une sous gestionnaire d'amorce avec Win XP dans un bloc-notes (les trois dernières n'étant utilisées que très très rarement. Pourtant, je n'ai téléchargé qu'une fois l'image ISO d'Ubuntu 9.04. Autrement dit, il faut considérer avec réserves le chiffre inférieur à 1 % qu'accorde ce matin Market Share (Net Application) à Linux, soit à peine un dixième d'un pour cent de mieux que Windows 2000.
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