Kawasaki: innover est un art... sous le signe de l'humour
Jean-François Ferland -26/03/2009Guy Kawasaki, un ancien « évangéliste » d'Apple, suggère aux entreprises en démarrage dix règles pour se démarquer auprès des consommateurs et se faire remarquer par les anges investisseurs. Compte-rendu d'une allocution qui a bien fait rire l'auditoire.

Guy Kawasaki
Photo: David Sifry.
Licence: CC-by-2.0
Au Club St-James de Montréal, dans le cadre de la deuxième édition de l'événement Capital Innovation qui réunissait des entreprises en démarrage du Québec et des investisseurs, le conférencier Guy Kawasaki a décidément retenu l'attention des invités.
M. Kawasaki, un Californien d'origine hawaïenne, est le fondateur de Garage Technology Ventures, une entreprise qui fait du maillage entre les anges investisseurs et les entreprises en démarrage, en cherchant « deux gars, un gars et une fille ou deux filles dans un garage qui développent 'la prochaine chose importante' ».
Il est surtout connu pour son ancien rôle « d'évangéliste » pour les nouvelles technologies chez Apple lors de son deuxième séjour chez le fabricant de produits de 1995 à 1997. Lors de son premier passage, de 1983 à 1987, dans la division Macintosh, son rôle était de convaincre les gens d'écrire des logiciels pour les ordinateurs d'une entreprise « qui comptait le plus grand nombre d'égomaniaques, un record qui a été depuis battu par Google ».
Après avoir clamé son amour pour le hockey, un sport qu'il a commencé à pratiquer en Californie en même temps que ses fils à l'âge de 48 ans (!), M. Kawasaki a entamé sa conférence qui consistait en dix recommandations à l'intention des entreprises en démarrage dans le domaine des TIC.
Ses propos étaient parsemés d'humour, ce qui a plu à la foule de plus d'une centaine de personnes. « J'ai écouté bien des chefs de la direction lors de conférences comme le Comdex. Souvent ils étaient 'poches' et prenaient beaucoup de temps », a-t-il lancé en riant.
Voici brièvement ses dix recommandations portant sur l'art de l'innovation, accompagnées de courtes explications (et de remarques amusantes).
1. Faire quelque chose qui a du sens M. Kawasaki affirme qu'une entreprise en démarrage ou un innovateur doit vouloir faire quelque chose en premier lieu avec l'intention que cela fera du sens, en opposition à vouloir faire de l'argent avant tout, ce qui sera une conséquence naturelle de la première intention.
« Si une entreprise est démarrée avant tout pour faire de l'argent, elle attirera les mauvais cofondateurs, et les détenteurs de MBA sont les pires, a dit M. Kawasaki. Comment évalue-t-on la valeur d'une entreprise en prédémarrage? Ma règle est que chaque ingénieur à temps plein fait monter sa valeur d'un demi-million, mais chaque MBA la fait baisser d'un demi-million. »
2. Se faire un mantra M. Kawasaki s'est demandé à voix haute pourquoi les entreprises ne pouvaient décrire leur raison d'être en deux ou trois mots. Il a décrit la méthode nord-américaine de création d'un énoncé de mission, où les dirigeants d'une entreprise de réunissent deux jours dans un hôtel près d'un terrain de golf, avec un consultant en motivation « parce que personne dans l'équipe ne sait comment communiquer ». La première journée est consacrée à faire des activités de mise en confiance et la deuxième à écrire des idées au crayon feutre sur du papier adossé à un présentoir.
« On tente alors d'énoncer ce qui est bon pour les actionnaires, les dirigeants, les employés, les consommateurs, les baleines et les dauphins. C'est souvent trop long, il y a trop d'expertise et on ne peut comprendre si on enlève le nom de l'entreprise. Il faut dire en trois mots ce que l'on fait », a-t-il dit.
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