Que fait le gouvernement?

Alain Beaulieu -18/02/2009

Plusieurs reprochent au gouvernement du Québec les décisions en faveur de la privatisation qu'il a prises au cours des dernières années dans le dossier du capital de risque.

Soulignons, en guise d'exemple, la privatisation et le démantèlement en 2004 de la Société Innovatech du Grand Montréal, un joueur important sur le marché du financement des entreprises technologiques. Le portfolio du fonds avait alors été racheté par la société d'investissement britannique Coller Capital, alors que les actifs de la Société Innovatech Régions ressources ont été transférés en 2005 à une nouvelle société en commandite, Desjardins - Innovatech S.E.C., dont 58 % appartient à Capital régional et coopératif Desjardins et la balance, au gouvernement.

Le Fonds d'intervention économique régional (FIER), mis sur pied par Investissement Québec et dont la mise en application a débuté en 2006, a comblé, en partie, le vide laissé par la disparition d'Innovatech. Un fonds mixte (public-privé), le FIER propose aux entreprises en démarrage un financement de type « équité » ou « quasi-équité ». Le capital initial investi dans le fonds s'élève à 408 millions de dollars, dont 318 millions proviennent du gouvernement du Québec, et en y ajoutant les mises de fonds d'investisseurs privés, il peut atteindre 682 millions de dollars. Pour chaque dollar investi par le secteur privé dans le fonds, le gouvernement en met deux, jusqu'à concurrence de 10 millions de dollars par fonds.

Bien que personne ne remette en question la pertinence du nouvel outil de développement économique que constitue le FIER, d'aucuns n'y voient un levier aussi puissant qu'Innovatech. « Les fonds comme ceux du programme FIER ont à peu près tout investi l'argent dont ils disposaient, ce qui fait qu'on se retrouve en 2009 à un moment qui est à peu près le pire pour lever du capital de démarrage », constate Hubert Manseau, associé principal senior chez Multiple Capital.

« J'ose espérer que le gouvernement va continuer de se pencher sur le sort des entreprises en démarrage et débloquer un levier, qui n'est pas une subvention, qui va leur permettre de passer à travers la prochaine année », ajoute Nicole Martel, présidente de l'Association québécoise des technologies (AQT).

Notons, à cet égard, l'annonce faite par le gouvernement du Québec à l'automne dernier, visant la création d'un fonds d'amorçage mixte (public-privé) pour aider à la mise en marché d'inventions provenant de chercheurs québécois et dans lequel le gouvernement investira 50 millions de dollars. Tout comme la mise sur pied du programme Renfort qui permettra d'injecter un milliard de dollars dans le financement des entreprises, dont une somme de 250 M$ en financement direct sous forme de prêts proviendra d'Investissement Québec, la balance étant constituée d'une garantie de prêt auprès des institutions financières.

Rappelons aussi les mesures prévues dans le budget 2008-2009 du gouvernement du Québec, visant à rendre disponibles deux milliards de dollars aux entreprises québécoises d'ici 2010, dont un milliard sous la firme de prêts et de garanties de prêts par le biais d'Investissement Québec, l'autre milliard provenant de la Société générale de financement, auxquels s'ajoutent divers allégements fiscaux et crédits d'impôt à l'emploi.


Alain Beaulieu est adjoint au rédacteur en chef au magazine Direction informatique.

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