Pourriel et antipourriel: des industries complémentaires en croissance

Nelson Dumais -20/06/2008

Le pourriel se répand comme jamais. Impossible à arrêter, on estime qu'il constitue entre 80 % et 95 % de tout le volume de courrier électronique échangé, selon les sources. Une sombre industrie qui stimule le développement de son contraire, l'antipourriel.

Si on en croit  Spamhaus, une référence Web en ce qui a trait à la lutte antipourriel, les polluposteurs vivraient présentement le bonheur total. Jamais leur commerce n'aurait été aussi prospère.

En juin 2008, profitant de lois gruyères ou de vides juridiques, les polluposteurs seraient organisés en industrie et disposeraient de cyber places d'affaires où ils pourraient acheter des services ou des logiciels « ratware », vendre des solutions, établir de nouveaux contacts, collaborer sur des opérations.
 
Ils utiliseraient des techniques variées, par exemple le Snowshoe Spamming et l'hébergement  Bulletproof. Et puisqu'une très forte proportion de leur pourriel rebondit après avoir été bloqué, m'explique David Poellhuber, PDG de la société montréalaise Zerospam, ils usurperaient souvent des identités Web pour leurs adresses de réponse, ce qui entraînerait des tempêtes d'avis de non-livraison (Non Delivery Reports - NDR) déferlant sur ces domaines légitimes.

Criminels sans frontières

Les membres de cette opulente industrie, certains relevant de groupes criminels identifiés comme tels par les forces policières internationales (par exemple le RBN), seraient connus et pointés du doigt; la plupart proviendraient des États-Unis, de la Chine et de la Russie (note : la société Sophos accorde la 3e position à la Turquie). Quant au Canada, il serait le dixième « plus pire pays au monde », sur le plan pollupostage (bien qu'absent du tableau de Sophos). Même que Spamhaus cite des noms en provenance du Québec, de la Nouvelle-Écosse, de la Colombie-Britannique ou encore de l'Ontario.
 
Grâce à ces « industriels besogneux », la masse de pourriels varierait entre 90 % et 95 % (selon les régions) de tout le courriel émis. En avril dernier,  Sophos évaluait la masse totale à 92,3 %. Au même moment, la conservatrice Symantec y allait d'un petit 80 %.
 


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