Linux Desktop en entreprise : pour bientôt?

Nelson Dumais -02/05/2008

Les discussions autour de l'utilisation de Linux dans les organisations, ou du logiciel libre en général, font beaucoup de bruit. S'agit-il d'un bruit de fond ou d'une lame de fond?

Dans le monde corpo, les informaticiens savent de quoi il est question quand ils entendent parler de Red Hat Enterprise Linux, de SuSE Linux Enterprise, de Xandros Server et autres Ubuntu Server, des « distributions » Linux conçues pour les organisations.

Le savorama du sieur Torvalds, Linus de son prénom, est ainsi fait que la plupart des variantes ont une mouture « entreprise ». Ce sont des produits qui se livrent à une solide concurrence entre eux et au nom desquels s'affairent des communautés d'utilisateurs prosélytes tous aussi enthousiastes les uns que les autres. Il faut donc croire que ces systèmes d'exploitation ont une vie active dans un marché essentiellement contrôlé par Microsoft.

Et tout le monde a entendu des histoires comme celle de la Gendarmerie nationale française qui achève sa migration vers 70 000 postes de travail Ubuntu, celle de l'Assemblée nationale française qui en utilise déjà 1 154, celle de ce groupe bancaire de Chicago ou de ces écoles de Russie, de la Macédoine et du Venezuela qui adoptent la plateforme Linux, sans parler de toutes ces histoires brésiliennes, italiennes, allemandes, belges, suisses, où de grands pans organisationnels, financiers ou autres sont passés en giron linuxien. En fait, il s'agit de consulter le site « Migrations vers les logiciels libres » pour en avoir une bonne idée. Il faut donc croire qu'il y a vraiment des entreprises sous Linux malgré l'embrigadement mondial sous les couleurs de Microsoft!

Où est Linux?

Pourtant, au Québec, si on veut voir ce système d'exploitation en action, il faut arpenter le marché « consommateur ». Les technophiles aiment souvent se divertir à la maison en bidouillant dans une « distro » de Linux, toutes étant gratuites en défroque grand public. Ainsi, Red Hat s'y encanaille sous le nom de Fedora, SuSE Linux sous celui d'OpenSUSE, etc. C'est la joie indicible de pouvoir taper « sudo apt-get install » en mode console. Conjoint voulant le demeurer, s'abstenir!

Par contre, si on visite une entreprise, aucun poste de travail ne semblera être sous Linux (si nous avons tort, écrivez-nous à redaction@directioninformatique.com pour nous le laisser savoir...); on y constatera plutôt l'implacable présence de Windows avec, parfois, une marginalité de postes sous Mac OS X. Les incidences éventuelles de Linux seront essentiellement le fait de serveurs, lourds et petits, où auront été installés Apache, MySQL, des gestionnaires de contenu (CMS) et une foule d'autres applications écrites en PHP.

Tout cela est bien vrai, reconnaît Jean-Luc Henry, chargé de projet (sécurité et système) au Techno Centre Logiciels Libres (TC2L), un rassemblement d'entreprises (dont IBM, Novell et InfoGlobe) ayant pignon sur rue dans la ville de Québec. « Mais beaucoup de choses sont en train de changer », me confie cet informaticien. En fait, nul n'est besoin de frotter une boule de cristal, pour deviner qu'à court terme, des choses intéressantes pour les tenants du logiciel libre et de Linux vont se passer, par exemple, dans la capitale quatre fois centenaire.

En faisant des liens avec ce que m'a dit, l'été dernier, Ross Chevalier de Novell Canada, je subodore que la solution SuSE Linux, la solution apparemment la mieux « OQLF-isée » du grand tout linuxien, pourrait se doter, bientôt, d'une belle vitrine au gouvernement du Québec. Et pas seulement dans les parcs de serveurs, mais aussi sur les bureaux.


Retour à la page 1


Page 2 - Machines à 200 $?

Les commentaires de ce site sont propulsés par Disqus
  Retour Envoyer un ami imprimer Haut
       delicious  |    Digg it  |    Diigo   |    Google  |    Technorati  |    StumbleIt  |    Yahoo!