Logiciel libre : encore du chemin à faire
Steeve Laprise -01/02/2008Les organisateurs de la conférence MCETECH2008 ont réuni vendredi dernier un groupe d'experts dans le cadre d'une table ronde sur l'utilisation du logiciel libre dans les administrations publiques. Analyse en cinq temps.
Benoît St-André, directeur du centre des services et directeur des services pédagogiques chez Révolution Linux, a discuté de potentiel des contributions futures du libre. Pierre-Martin Tardif, coordonnateur régional des ressources informationnelles pour le réseau de la santé et des services sociaux de la Montérégie, a parlé des défis que représente l'utilisation des logiciels libres en santé.
Maxime Pelletier de la commission scolaire des Affluents a donné un exemple de l'engagement d'une commission scolaire dans le logiciel libre. Pour sa part, Stéphane Couture du Laboratoire de communication médiatisée par ordinateur (LabCMO) a présenté le modèle brésilien. Cyrille Béraud, président de Savoir-faire Linux, a par ailleurs discuté de « La longue route du logiciel libre au Québec ».
Révolution?
Faisant référence à la raison sociale de l'entreprise qu'il représente (Révolution Linux), Benoît St-André a lancé la discussion en dressant la carte de l'infrastructure informatique libre et en expliquant que la vraie révolution est silencieuse, transparente pour les utilisateurs, mais néanmoins en cours. « Il y a un mouvement bien réel dans le secteur de l'éducation, autour de l'implantation massive d'Open Office, constate-t-il. Mais l'implantation du logiciel libre n'est pas toujours connue des utilisateurs, ce qui explique sans doute pourquoi on en entend si peu parler. »
Compagnie de services spécialisée en infrastructure à base de logiciels libres, Révolution Linux, de Sherbrooke, compte une quinzaine de commissions scolaires parmi sa clientèle. L'entreprise cible également le marché gouvernemental, mais Benoît St-André avoue qu'il s'agit là d'un défi de plus longue haleine.
« Certaines avancées ont été faites dans ce marché, mais il reste encore beaucoup de travail à faire. On utilise souvent à tort et à travers le terme "évangélisation"... Chez nous, on préfère parler d'accompagnement. Le processus est enclenché avec un grand nombre d'intervenants. Les gens commencent à embarquer dans l'idée d'une implantation accompagnée... supervisée. »
Cette approche contrebalance certains préjugés persistants et justifiés envers les logiciels libres qui ne sont pas toujours pris au sérieux par les grandes organisations. Beaucoup de logiciels libres ont été développés par des programmeurs en réaction à l'establishment commercial, mais pas toujours nécessairement avec les besoins des utilisateurs en tête. Selon Benoît St-André, cela explique l'échec d'implantation de certains logiciels libres et la pertinence d'une approche axée sur l'accompagnement, qui mise non seulement sur la fourniture d'un produit, mais sur les conseils, la planification et le support.
En éducation?
Le secteur de l'éducation est sans doute le plus propice à l'utilisation du logiciel libre. Maxime Pelletier de la commission scolaire de la Rive-Nord en donne comme exemple le projet MILLE (Modèle d'Infrastructure de Logiciel Libre en Éducation), sa distribution Colibris, son environnement numérique de travail libre Bureau virtuel et sa solution de clients légers Mille-Xterm.
Ces projets témoignent d'un intérêt réel et des efforts cumulés par un ensemble d'intervenants du milieu de l'éducation et de la recherche, dont les membres les plus actifs sont des commissions scolaires (Affluent, Laval, Beauce-Etchemin, Des Phares, Wilfrid Laurier), le CRIM et la société GRICS. Quelque 200 000 élèves profiteraient de solutions développées dans le cadre du projet MILLE, selon les statistiques citées par Maxime Pelletier.
Fortic, par exemple, est un logiciel de gestion de participation aux formations destiné au personnel enseignant. Il serait utilisé par 20 000 employés au service de 120 000 élèves.
Selon Maxime Pelletier, le logiciel libre répond adéquatement aux besoins du secteur de l'éducation, qui compose avec des budgets serrés et vit très mal l'évolution technologique forcée par les entreprises commerciales. « Avec des solutions comme les clients légers, donne-t-il en exemple, on peut prolonger la vie de notre parc informatique et investir dans le contenu plutôt que dans le contenant! ».
Retour à la page 1
Page 2 - Le libre en santé
Page 3 - Au Québec ? Cliquez ici pour commenter cet article ou lire les autres commentaires
| delicious | Digg it | Diigo | Google | Technorati | StumbleIt | Yahoo! |









