Plus près du conseiller, plus près du recruteur

Alain Beaulieu -01/02/2008

GOUVERNANCE En subordonnant sa division d'informatique décisionnelle à son département de marketing et de gestion de la relation client, Monster Canada fait l'apologie du développement décentralisé.

L'atout de la décentralisation

La place qu'occupent les TI dans les organisations est grandissante. Les TI ont aujourd'hui envahi pratiquement toutes les sphères d'activité des organisations et leur gestion selon une approche traditionnelle centralisée n'est plus appropriée, soutiennent les experts. Forrester Research prévoit, en effet, qu'au cours des quatre prochaines années les TI seront tellement intégrées aux unités d'affaires des entreprises que ces dernières n'auront pas le choix d'élaborer de nouveaux modèles de gestion misant sur la collaboration.

S'appuyant sur un sondage réalisé par Cutter Consortium, William M. Ulrich, président fondateur de la firme-conseil en gestion Tactical Strategy Group, perçoit dans un modèle de gestion mixte, à la fois centralisé et décentralisé, une réponse au rôle croissant joué par les TI dans les organisations. Le sondage de Cutter Consortium montre que près d'une organisation sur deux (48 %) a recours à une structure de gouvernance alliant des éléments de centralisation et de décentralisation.

Alors que le modèle centralisé favorise la standardisation et la réduction des coûts, le modèle décentralisé permet un meilleur arrimage des projets sur les besoins particuliers des unités concernées et une plus grande souplesse au niveau de la gestion des projets. Cette structure de gouvernance ne peut être déployée sans qu'un environnement de collaboration interdépartementale évolutif soit mis en place.

Pour preuve de la décentralisation croissante des projets de TI, 30 % des investissements en TI sont actuellement faits au niveau des unités d'affaires (ventes, marketing, etc.), et non du département de TI comme tel, affirme Gartner.

Une conséquence de l'omniprésence des TI, les responsables de l'informatique participent de plus en plus à l'élaboration des stratégies d'affaires et les gestionnaires des autres unités d'affaires à la gestion des TI. D'ailleurs, un sondage réalisé par Forrester Research montre que 64 % des cadres s'attendent à ce que les dirigeants d'affaires aient de plus en plus d'influence sur les technologies mises en place dans les organisations.

Gartner croit, pour sa part, que les responsables de l'informatique ne peuvent favoriser la croissance de leur entreprise sans bien comprendre le domaine d'affaires de cette dernière. Par conséquent, les meneurs en TI doivent avant tout être des meneurs en affaires.

À cet égard, un sondage d'IDC montre que 20 % des 413 entreprises européennes interrogées s'attendent à ce que les gestionnaires de TI soient des initiateurs de stratégies d'affaires, alors que 40 % s'attendent à ce que ces mêmes gestionnaires participent aux divers projets de l'entreprise.

Alain Beaulieu est adjoint au rédacteur en chef au magazine Direction informatique.


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