SR Telecom à la croisée des ondes

Jean-François Ferland -22/11/2007

Le fabricant d'équipement d'accès sans fil, en difficulté financière, demande la protection des tribunaux. Bilan d'une entreprise en quête de survie.

Interférence dans l'industrie québécoise des télécommunications : SR Telecom, le fabricant d'équipement d'accès sans fil à très large bande, demande la protection des tribunaux pour tenter d'éviter la faillite.

L'entreprise, qui invoque la Loi sur les arrangements avec les créanciers, annonce l'abolition de 35 postes à ses installations de l'ouest de l'île de Montréal ainsi que dans ses bureaux de vente situés ailleurs sur la planète. Le président et chef de la direction, Serge Fortin, affirme que l'entreprise poursuit ses efforts de conception, de livraison et d'installation de ses solutions.

Il s'agit du dernier d'une série d'événements qui ont marqué une année bien mouvementée pour l'entreprise montréalaise qui oeuvre dans un marché, entre deux phases technologiques, dont l'avenir est pourtant très prometteur.


Décisions et restructurations

La décision radicale qu'a prise SR Telecom découle d'une révision des options stratégiques que l'entreprise réalisée au printemps 2007.

En mai dernier, l'entreprise a annoncé qu'elle avait entamé des discussions sur les options de financement avec des investisseurs, mais aussi qu'elle évaluait plusieurs options. Ces options consistent en la vente d'une partie ou de la totalité de ses actifs, en l'obtention du soutien d'un investisseur stratégique et, « en dernier lieu » en une restructuration des opérations.

L'entreprise avait d'ailleurs accompli plusieurs gestes avant l'annonce de cette révision stratégique afin d'améliorer sa situation. En février 2007, SR Telecom vendait sa filiale chilienne CTR (Communication y Telefonics Rural), spécialisée en accès sans fil à large bande à technologie de multiplexage par répartition orthogonale de la fréquence (ODFM) au fournisseur de services intégrés Chile.com. En mars, elle vendait son immeuble et sa propriété de Montréal à une société de placement financier de Toronto.

En avril, l'entreprise annonçait qu'elle procédait à une importante réorganisation afin de réduire ses coûts de 5,5 millions de dollars. Outre la simplification de la structure d'entreprise par l'établissement de trois groupes fonctionnels voués à l'innovation, au service à la clientèle et au soutien, SR Telecom avait annoncé l'abolition de 75 postes dans ses bureaux mondiaux.

Surtout, l'entreprise avait annoncé son intention de vendre deux gammes de produits patrimoniaux qui avaient fait sa renommée. Le premier est le système point multipoint SR500, qui est utilisé par des fournisseurs d'accès dans cent pays pour la desserte de 1,5 million d'abonnés dans des régions rurales et suburbaines. Le second est le système Airstar, qui est utilisé pour la distribution de services d'accès numériques dans les centres urbains dans quarante pays. Cette cessation d'actifs avait pour but de miser sur l'exploitation du potentiel de marché lié à la technologie WiMax.

En juillet 2007, SR Telecom avait conclu obtenu un prêt de 45 millions de dollars de la part d'un consortium d'actionnaires et de prêteurs. Serge Fortin avait indiqué que ce financement allait servir à appliquer la stratégie de croissance de l'entreprise.

M. Fortin avait toutefois précisé que le retard accumulé dans la finalisation du prêt avait eu une incidence négative sur l'échéancier de fabrication et de finalisation des produits, et que des impacts s'en feraient ressentir dans les résultats du deuxième et troisième trimestre de l'année financière 2007.


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