Les impacts du taux de roulement de la main-d'oeuvre en TI

Jean-François Ferland -16/11/2007

Face aux taux de roulement élevés de la main-d'oeuvre, mis en lumière par TechnoCompétences, les entreprises de l'industrie doivent adapter leurs modes de rémunération. Constats et conseils.

Impacts nombreux

M. Chartrand considère que des taux de roulement volontaires supérieurs à 10 % et des taux involontaires variant de 5 % et 10 % sont suffisamment élevés pour qu'il s'agisse d'une préoccupation importante pour les entreprises du secteur des TI.

« Cela reflète que le chômage n'est pas très élevé, que l'économie va relativement bien et que la démographie fait qu'il y a de moins en moins de gens disponibles pour travailler et de plus en plus de gens qui prennent leur retraite », commente-t-il.

M. Chartrand souligne que l'augmentation des taux de roulement est un phénomène qui est assez généralisé dans l'économie, mais ajoute que les conséquences seront très importantes pour les entreprises.

« Pour une première fois en trente ans, la disponibilité et les compétences seront un enjeu majeur pour la croissance des organisations, déclare-t-il. En service-conseil, où l'on vend du temps et du monde, des firmes qui ont un taux de roulement de 16 % iront chercher des projets qu'ils ne seront pas capables de livrer. Hors de l'industrie des TI, en génie-conseil, certaines firmes ne sont pas capables d'obtenir des projets non parce qu'elles ne les "gagnent" pas, mais parce qu'elles n'avaient pas les ressources pour les réaliser. »

L'augmentation du taux de roulement de la main-d'œuvre aura également des impacts sur les finances et la productivité de l'entreprise. « Selon certaines études américaines, le coût de remplacement d'un employé qui quitte [une entreprise] varie entre 30 % et 150 % de son salaire. Plus les gens dont qualifiés, plus les coûts sont élevés. Par exemple, dans le cas de la programmation d'applications maison, cela peut prendre un an et demi avant que la nouvelle personne arrive à la même productivité de [celle qu'elle remplace]. Cela coûte cher, sans oublier les frais de recrutement... »


Conséquences d'une rareté

Benoît Leduc, chargé de projets chez TechnoCompétences, déclare que les chiffres reflètent la grande mouvance des ressources humaines au sein de l'industrie. « [Les travailleurs] vont vers les entreprises les plus intéressantes, et les taux de roulement sont effectivement très élevés. Les entreprises doivent se démarquer au point de vue des avantages et de la rémunération, parce que les employés vont magasiner leur emploi maintenant », commente-t-il.

Cette mouvance s'explique par la rareté de la main-d'œuvre, en raison de la diminution du nombre d'étudiants qui ont opté pour une carrière en technologies de l'information. M. Leduc confirme que le taux d'admission diminue dans les cégeps et qu'il y a moins d'inscriptions dans les universités depuis quelques années.

« C'est pour cela que TechnoCompétences fait beaucoup d'efforts pour la promotion de carrières, pour inciter les jeunes à venir étudier dans le secteur, parce qu'on se retrouve avec un manque de ressources dont les entreprises ont besoin », explique-t-il, en référant à la deuxième édition de l'initiative industrielle Ma Carrière Techno.com.


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