Faible intérêt des PME québécoises pour le Web 2.0

André Ouellet -13/06/2007

Selon des conseillers en mise en marché Internet, les PME québécoises sont encore loin de s'intéresser aux technologies du Web 2.0. Pendant ce temps, une enquête indique qu'au sud de la frontière, ce serait plutôt le contraire.

La PME québécoise accuse-t-elle un retard si grand?

Un son de cloche bien différent nous parvient des États-Unis. La firme AMI-Partners, qui se spécialise en information commerciale sur les petites et moyennes entreprises, a publié en mars dernier les résultats d'une étude sur le sujet. Selon ce sondage, les PME américaines font appel aux technologies du Web 2.0 dans une proportion de 40 %, ce qui représente un total de 2,8 millions d'organisations. La firme précise toutefois que la sensibilisation au phénomène demeure faible, certaines entreprises utilisant ces technologies sans savoir qu'il s'agit du Web 2.0.

Ce sondage a de quoi étonner. Comment expliquer alors le retard que semble avoir pris la PME québécoise? Tout dépend de la définition que l'on utilise du Web 2.0, suggère Michel Leblanc. Il est vrai que le sujet a fait l'objet de nombreuses interprétations, et AMI-Partners décrit le concept ainsi : la deuxième génération de services Internet, qui se distingue par la transition de sites Web statiques vers une plateforme permettant le développement d'applications et engendrant de nouvelles façons de commercialiser de nouvelles applications (voir ce communiqué). Si cette définition est plutôt générale, peut-elle tout de même expliquer à elle seule le fossé qui semble s'être creusé de part et d'autre de la frontière?

D'une certaine façon, le Web 2.0, c'est le Web actuel, avance Martin Lessard. En effet, si l'on parle de l'utilisation par les PME du Web tel qu'il est aujourd'hui, on peut arriver à des résultats élevés. Autre explication suggérée : le contexte socio-économique du Québec. Ce n'est pas en français que le Web s'est d'abord construit, dit Michel Leblanc, et l'innovation continue de venir principalement du monde anglo-saxon.

Ce qui soulève une question : au-delà de la volonté d'adopter ces technologies, les organisations québécoises ont-elles les ressources permettant de le faire efficacement? En effet, le Web 2.0 reposant fortement sur la participation et l'effet de réseau, le Québec a-t-il la masse critique permettant d'exploiter ces facteurs à fond? Martin Lessard en doute. Par contre, ce levier existe certainement dans l'ensemble du marché de la francophonie. Et pour les organisations ambitieuses, dont les produits et les services s'y prêtent, pourquoi pas dans le monde entier?

Un important travail de conscientisation et de vulgarisation reste à faire, croit Michel Leblanc. Et de ce point de vue, les gouvernements doivent tracer la voie par leur exemple, dit-il. En attendant, des pistes de réflexion s'offrent aux organisations québécoises. Parmi les technologies qui, d'après l'étude d'AMI-Partners, pourraient contribuer le plus à une utilisation accrue du Web 2.0 dans les PME, on retrouve le logiciel-service, la webdiffusion, le blogue, la technologie de communication Skype, les communautés en ligne et les portails. On pourrait facilement ajouter le wiki à cette liste. Toujours selon cette étude, des secteurs se profilent où la croissance du concept pourrait être robuste, notamment le stockage, la sauvegarde, la gestion des relations avec la clientèle et les outils de productivité.


Page 1 - Un faible intérêt des PME québécoises


Page 2 - La PME en retard?

Cliquez ici pour commenter cet article ou lire les autres commentaires
  Retour Envoyer un ami imprimer Haut
       delicious  |    Digg it  |    Diigo   |    Google  |    Technorati  |    StumbleIt  |    Yahoo!