Les responsables des TI consultés dans le cadre d'un sondage aux États-Unis estiment, dans une proportion de 33 %, que la gestion de projet constituait la principale difficulté à laquelle ils étaient confrontés en 2006. Les projets sont devenus plus délicats, les organisations étant davantage enclines à se lancer dans des entreprises représentant pour elles un risque élevé. La raison en est toute simple, suggère une consultante du Massachusetts : on a souvent plus à perdre à ne pas réaliser un projet, même s'il est risqué.
Résultat : malgré qu'on ne puisse exercer sur eux un contrôle aussi strict qu'auparavant et que leurs échéances se resserrent en raison d'une vive concurrence au sein des marchés, les projets représentent un enjeu plus grand dans le succès des organisations.
Divers obstacles sont donc apparus sur la route du gestionnaire, mais celui qui retient l'attention des analystes au premier chef est la nécessité de diriger des équipes de travail géographiquement dispersées, souvent sur des continents différents. Jadis perçue comme exotique, cette tendance est aujourd'hui courante, et motive en grande partie les changements affectant la gestion de projet depuis quelques années.
Il existe plusieurs raisons de vouloir entreprendre un projet à l'étranger, dont celle qui est devenue la plus fréquente : tirer parti des coûts avantageux de la main-d'oeuvre. Certes, l'idée de pouvoir livrer un produit de qualité tout en économisant comporte des attraits, mais des gestionnaires chevronnés émettent une mise en garde : il est primordial de préparer le terrain afin de mettre en place les conditions qui assureront le succès du projet.
Difficile travail d'équipe
D'ailleurs, l'un d'entre eux – un consultant du New Hampshire – est d'avis que certains projets internationaux connaîtront des échecs retentissants, non pas en raison de technologies déficientes, mais d'un travail d'équipe inadéquat. Les gestionnaires ont aujourd'hui le devoir de connaître, de comprendre et de tenir compte des différences culturelles entre les pays ou les régions où se déroulent leurs projets. Les spécialistes québécois détiennent peut-être un avantage à cet égard, habitués depuis toujours à traiter avec leurs voisins de langue anglaise.
Certes, les différences culturelles portent sur des domaines complexes, comme la protection de la propriété intellectuelle, les barrières commerciales, les normes entourant les technologies et les implications juridiques en général. Toutefois, les gestionnaires doivent aussi se préoccuper de questions plus simples, tels les habitudes de travail, les fuseaux horaires et les périodes de vacances.
Un défi de communication
La dispersion des intervenants exige des gestionnaires qu'ils soient des communicateurs hors pair. Pour les aider en ce sens, il est fortement recommandé qu'ils retiennent les services d'un représentant attitré au sein de chaque état engagé dans le projet. Non seulement une telle personne pourra-t-elle servir d'interprète au besoin, mais elle procurera des informations essentielles sur les mentalités ayant cours dans son pays et fera la promotion du projet à l'échelle de celui-ci.
La principale recommandation à ce sujet demeure toutefois le contact personnalisé. Rien de tel que des rencontres en personne avec les intervenants en poste à l'étranger pour entreprendre un projet du bon pied et mieux comprendre le contexte culturel dans lequel ils évoluent. Le budget de déplacement devient ici une priorité. Dans ses préparatifs, le gestionnaire ne doit pas tout simplement pas accepter les restrictions qu'on ne manquera pas de lui imposer à cet égard. D'aucuns croient qu'il en va du succès du projet.
Autre caractéristique du marché actuel évoquée par les analystes : le recours croissant à la sous-traitance afin d'alléger la tâche de plus en plus lourde que constitue la gestion de projet au sein des entreprises. On pourrait ainsi voir davantage de projets divisés en sous-projets, de façon à en faciliter la gestion et à pouvoir faire appel plus aisément à des impartiteurs ou à des fournisseurs de services.
En somme, l'exercice consistant à définir les conditions de succès ne peut se limiter au respect des échéances et du budget, comme cela a pu être le cas dans le passé. La mondialisation pose dorénavant l'exigence d'établir des critères de qualité propres à chacun des pays participants.
Pour lire les réponses à notre sondage des cinq participants choisis, nous vous invitons à cliquer sur les liens ci-dessous:
Dave Maloney| Karim Mamdani | Patrick Hannah | Mark Roman | C.P. Senechal






